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Escalade en Haute-Savoie LES AVALANCHES SOMMAIRE : 1 Les avalanches (généralités)
Il existe des avalanches mixtes avec départ en plaque ou neige poudreuse terminant leur course en avalanche de neige humide. |
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Les avalanches de plaque La plaque à vent : Pendant ou après une chute de neige, le vent arrache de la neige dans les zones exposées pour le déposer dans des zones abritées. La neige transportée par le vent prend rapidement de la cohésion de frittage typique d’une plaque (les cristaux de neige fraîche, traînés au sol par le vent, sont brisés en toutes petites particules qui se soudent les unes aux autres). Elle se dépose sur la neige fraîche et légère car peu ou pas ventée. Par ce processus de formation, les plaques sont assez localisées. Elles se forment souvent à proximité d’une nette rupture de pente : crête sommitale ou secondaire, bosse, combe, etc.. Il est assez illusoire d’espérer prévoir à l’avance dans quels versants on va trouver des plaques à vent en fonction de la direction dans laquelle il a soufflé. Seule l’observation sur le terrain peut donner une indication pertinente. La durée de « vie » d’une plaque à vent est identique au cas précédent : Contrairement à certaines croyances, une plaque à vent ne persiste pas tout un hiver ! |
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| Les avalanches de neige poudreuse Ces avalanches se déclenchent lors de grosses chutes de neige froide et légère : En cas de forte intensité de précipitation, l’édifice instable de fragiles cristaux de neige grandit trop rapidement, jusqu’à la rupture. Le vent, à cause du transport de neige qu’il provoque, augmente la probabilité de départ de ce type d’avalanche dans les zones d’accumulations. Dans une pente raide, si une petite portion s’effondre, amorçant un début de glissement vers l’aval, elle entraîne alors la neige présente sur son parcours. C’est un départ « en poire » (départ ponctuel), la petite coulée s’élargit progressivement, son volume augmente au fil de la trajectoire, tant que l’inclinaison est suffisante pour maintenir le mouvement, et tant que la neige est suffisamment molle pour se faire emporter par l’avalanche. Mais l’amorce de l’avalanche de neige poudreuse provient aussi fréquemment de la rupture naturelle d’une plaque (Cf. section sur les avalanches de plaque) sous le poids des précipitations. Elle a alors initialement une plus grande largeur et donc un volume plus important. Les avalanches majeures en neige poudreuse ont un départ en plaque. Une des particularités de l’avalanche de neige poudreuse est l’apparition d’un aérosol : Dès que la coulée de neige a une vitesse suffisante, elle provoque à l’avant des turbulences dans l’air, qui soulèvent des particules de neige très légère. On obtient alors un mélange d’air et de glace, un « gaz » plus lourd que l’air, qui s’écoule très rapidement vers l’aval. L’avalanche de neige poudreuse est donc constituée d’une coulée de neige, comme toute avalanche, précédée d’un aérosol très rapide, pouvant atteindre des vitesses de l’ordre de 100 à 200 km/h, voire plus. Cet aérosol, par l’effet de surpression qu’il exerce à son arrivée, peut être très destructeur et peut provoquer la noyade par inhalation des cristaux de glace. A cause de sa grande vitesse et de sa faible densité, l’avalanche de neige poudreuse, surtout l’aérosol, à tendance à se déplacer en ligne droite sans se soucier du relief, l’aérosol parcourrant une distance souvent bien plus importante que la coulée. L’avalanche de neige poudreuse laisse souvent un dépôt peu visible ou invisible, d’autant plus qu’il est très souvent recouvert par les chutes de neige en cours. Les conditions nécessaires au départ et à l’accélération des avalanches de neige poudreuse, importante chute de neige froide et légère, ne se rencontrant pas dans la plupart secteurs habités l’hiver, trop bas en altitude, les victimes de ces avalanches sont peu fréquentes, d’autant plus que les conditions météorologiques qui règnent à ce moment là sont défavorables à la randonnée ou au ski hors-piste. Toutefois, dans certains hivers atypiques, comme en février 1999 (Haute-Savoie : Montroc, Valais : Evolène, Autriche : Galtür) elles provoquent parfois des dégâts dans les villages. En cas de mauvais temps, on peut être tenté d’aller randonner en forêt. Attention en cas de risque de grosse avalanche de neige poudreuse : Une avalanche se déclenchant au-dessus de la limite supérieure de la forêt peut l’emporter en partie ou totalement ! |
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| Les avalanches de neige humide Une importante humidification de la neige provoque une baisse de sa cohésion (sauf si la couche de neige humidifiée n’en a déjà pas : gobelets, grains à faces planes !) et peut donc provoquer des avalanches. L’humidification peut avoir deux causes : La pluie ou la fonte. Dans les deux cas, l’eau arrive dans le manteau neigeux par la surface puis pénètre à l’intérieur. En cas de pluie ou de fonte sans soleil (Par exemple par ciel couvert avec une température nettement positive), l’humidification concerne tous les versants simultanément jusqu’à une certaine altitude. En cas de fonte due au soleil, les versants concernés sont ceux suffisamment réchauffés par le soleil, par exemple au mois de mars : versants est puis sud puis ouest. En début d’hiver (décembre, janvier) la fonte due au soleil ne concerne que les pentes plein sud et raides lorsque l’air est suffisamment doux. A la fin du printemps, elle concerne toutes les orientations, toutes les inclinaisons, voire toutes les altitudes. Des différents type d’avalanches, l’avalanche de neige humide est la plus lente mais la neige est très dense, elle peut donc provoquer des dégâts importants. Une avalanche de ce type laisse un dépôt très caractéristique composé de boules de neige très dense. - Les avalanches de neige récente humide : En cas de présence de neige fraîche ou très récente (neige poudreuse de quelques jours maximum), les avalanches se déclenchent rapidement après le début de l’humidification. En général, elles n’emportent que cette couche de neige meuble. La grosseur des avalanches est donc liée à l’épaisseur de neige récente. Si l’humidification est due à la pluie, il se produit alors une crue avalancheuse peu après le début des précipitations : De très nombreuses avalanches se déclenchent en peu de temps (environ une heure) aux altitudes où il pleut, l’activité avalancheuse est beaucoup plus restreinte ensuite. Les avalanches de neige récente humide ont un départ « en poire » (départ ponctuel). - Les avalanches de vieille neige humide : En l’absence de neige récente, l’activité avalancheuse est plus lente à démarrer, les avalanches sont généralement moins nombreuses, mais elles peuvent se déclencher avec un départ en plaque, donc sur des largeurs importantes, d’où possibilité d’avoir de plus grosses avalanches (Exemple extrême : Avalanche du tunnel du Mont-Blanc le 16 mai 1983). Les avalanches de neige humide ne provoquent pas un grand nombre d’accidents : La neige est lourde et peu agréable à skier, la fréquentation hors piste est donc réduite. Les randonneurs expérimentés reconnaissent les conditions favorables et se méfient. Ils savent qu’au printemps, période favorable à l’humidification de la neige, il faut partir tôt pour rentrer tôt, avant que la neige ne chauffe trop. En général, l’avalanche de neige humide qu’un skieur déclenche ne se décroche pas au-dessus de lui. Soit il n’est pas emporté, soit il reste en surface avec en conséquence un risque de décès beaucoup plus faible. Quant aux grosses avalanches qui atteignent le fond des vallées, à moins d’avoir un volume exceptionnel, elles suivent le plus souvent des trajectoires bien connues et répertoriées où il n’y a pas d’habitation. |
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| Les départs en reptation (avalanches de plaque de fond) Ce type d’avalanche est souvent assimilé aux avalanches de neige humide (de vieille neige humide) car la plupart en font partie. Pourtant, il existe des avalanches de plaque de fond en neige sèche, qui comportent de grandes analogies avec la première variété. La plaque de fond est la seule avalanche influencée par le type de sol. Celui-ci ne doit pas être trop rugueux ni coupé par des terrasses qui constituent des ancrages pour la neige posée sur le sol. Il est le plus souvent constitué de pentes herbeuses ou de dalles rocheuses. Ces avalanches ont un départ linéaire, comme les avalanches de plaque, elles emportent le manteau neigeux sur toute son épaisseur, jusqu’au sol (jusqu’au fond du manteau neigeux). Les plaques de fond se déclenchent lorsque le manteau neigeux est peu résistant sur toute son épaisseur. Il y a alors un phénomène de reptation : Dans les pentes au sol favorable et à l’inclinaison suffisante, le manteau neigeux glisse très lentement vers l’aval (quelques centimètres à un mètre par jour). Par endroits, l’avalanche ne se déclenche pas et il y a uniquement formation de fissures. Ailleurs l’avalanche de plaque de fond se déclenche subitement. Il y a des endroits où l’avalanche se déclenche sans fissure préexistante, d’autres avec. Une situation à avalanche de plaque de fond est une situation durable. Il n’y a pas de crue avalancheuse mais l’activité dure plusieurs jours à plusieurs semaines. Plus la masse de neige est importante, plus les avalanches sont bien sûr volumineuses mais aussi nombreuses. Ainsi, si certaines pentes ont leur départ de plaque de fond tous les hivers ou même plusieurs fois par hiver, d’autres, moins favorables, n’en ont qu’en cas d’enneigement anormalement élevé. Les endroits défavorables (par exemple dans une zone d’éboulis) n’ont jamais de départ de plaque de fond (mais une avalanche peut éventuellement provenir de pentes supérieures). - Les plaque de fond en neige humide : On les observe lorsque le manteau neigeux est humide sur toute son épaisseur, une fois le manteau neigeux suffisamment affaibli. Si ces situations nivologiques sont typiques du printemps, elles sont assez fréquentes en plein hiver, généralement dans les pentes sud de moyenne montagne lors de longues périodes de beau temps doux. Pendant les belles journées, les plaques de fond en neige humide se déclenchent essentiellement l’après-midi et en soirée. L’activité est plus précoce en orientation est qu’en sud et ouest (voire nord). Elle est plus tardive quand l’épaisseur du manteau neigeux est importante. D’une manière générale, le risque est faible lorsque le regel est bon (neige bien portante à pieds), sauf en cas d’enneigement exceptionnellement fort. - Les plaques de fond en neige sèche : Bien plus rares, elles se déclenchent souvent après de grosses chutes de neige sur un sol non enneigé. L’avalanche peut ensuite se propager en avalanche de neige poudreuse. Exemple de situation à plaque de fond en neige sèche : En 1996 dans les Alpes du nord, de grosses chutes de neige arrivent fin novembre après un début d’automne doux et assez sec n’ayant pas permis la constitution d’une sous-couche. Autre exemple : En 1999 en Haute-Savoie, des périodes ensoleillées en janvier dégarnissent certaines pentes sud à cause de la fonte ou bien du déclenchement de plaques de fond en neige humide ; Ensuite, les grosses chutes de neige de février se déposent directement sur l’herbe. Des avalanches de plaque de fond en vieille neige sèches sont aussi possible lors d’hiver particuliers, soumis à de longues périodes de beau temps, tels les hivers 2004-2005 et 2005-2006. Contrairement aux avalanches de plaque, les plaques de fond ne sont a priori pas déclenchées par le passage de skieurs ou randonneurs. Si on ne peut éviter de traverser des pentes soumises à ce risque, une manière de le minimiser est de ne pas s’attarder dans ces endroits ou en contrebas. |
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